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Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.018 min

Signifiant et signifié

Parcours 148 : Linguistique générale : décrire le langage et les langues du monde · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Décrire le signe linguistique comme l'union d'un signifiant et d'un signifié, et le distinguer de la chose désignée.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 7

Objectif de la leçon

  • Définir le signe linguistique
  • Distinguer signifiant, signifié et référent
  • Voir que chaque langue découpe le monde à sa façon
Voix off

Dans ce module, tu vas étudier l'unité de base de toute langue : le signe. On a l'impression qu'un mot est une étiquette collée sur une chose, comme le nom écrit sur un bocal. Saussure a montré que c'est plus subtil. Le signe linguistique relie deux faces, une forme et une idée, et la chose réelle reste en dehors. Dans cette leçon, tu vas définir ces deux faces, le signifiant et le signifié, puis voir, avec des exemples pris dans plusieurs langues, que chaque langue découpe la réalité à sa manière.

Diapositive 2 sur 7

Le signe selon Saussure

  • Deux faces inséparables, comme une feuille de papier
  • Le signifiant : la forme sonore
  • Le signifié : le concept
Voix off

Pour Saussure, le signe linguistique a deux faces, aussi inséparables que le recto et le verso d'une feuille de papier. D'un côté, le signifiant : la forme sonore du mot, par exemple la suite de sons qui forme le mot arbre. De l'autre, le signifié : le concept, l'idée générale d'arbre que tu as en tête. Quand tu entends le signifiant, le signifié vient tout seul. Et quand tu penses au concept, la forme sonore se présente. Si tu découpes la feuille, tu découpes toujours les deux faces à la fois. On ne peut pas avoir l'une sans l'autre.

Diapositive 3 sur 7

Le signifiant, une image acoustique

  • Ce n'est pas l'orthographe
  • C'est l'empreinte mentale des sons
  • « Eau », « haut » et « oh » : un même son, [o]
Voix off

Attention, le signifiant n'est pas l'orthographe. Saussure parle d'image acoustique : l'empreinte que les sons laissent dans ton esprit. La preuve, tu peux réciter un poème dans ta tête sans ouvrir la bouche. Et les langues sans écriture ont des signifiants comme les autres. En français, eau, haut et oh s'écrivent différemment, mais ils se prononcent de la même façon : un seul son, que l'on note [o]. Quand tu entends ce son, c'est le contexte qui te dit lequel des trois mots on a voulu dire. Le linguiste travaille d'abord sur les sons, pas sur les lettres.

Diapositive 4 sur 7

Le signifié et le référent

  • Le signifié : l'idée générale d'arbre
  • Le référent : ce manguier-là, dans la cour
  • Le signe ne contient pas la chose
Voix off

Le signifié est un concept général : l'idée d'arbre, qui vaut pour tous les arbres. Le référent, c'est la chose réelle dont on parle dans une situation donnée : ce manguier-là, dans la cour de ta grand-mère. Le référent ne fait pas partie du signe. La preuve, tu peux parler d'arbres qui n'existent plus, d'un arbre magique dans un conte, ou d'une licorne, qui n'a jamais existé. Le signe fonctionne même sans référent. C'est ce qui permet au langage de parler du passé, de l'avenir, de l'absent et de l'imaginaire, ce que peu de systèmes de communication animale permettent.

Diapositive 5 sur 7

Un concept, des signifiants

  • Français : arbre ; anglais : tree
  • Arabe : shajara ; wolof : garab
  • Lingala : nzete ; swahili : mti
  • Créole haïtien : pyebwa
Voix off

Regarde comment plusieurs langues expriment le concept d'arbre. En français, arbre. En anglais, tree. En arabe, shajara. En wolof, garab. En lingala, nzete. En swahili, mti. En créole haïtien, pyebwa. Les signifiants n'ont rien en commun : ni le nombre de sons, ni les sons eux-mêmes. Pourtant, chaque locuteur trouve le sien parfaitement naturel, au point d'avoir du mal à imaginer qu'un arbre puisse s'appeler autrement. Retiens aussi que les signifiés ne se recouvrent pas toujours exactement d'une langue à l'autre. C'est l'idée de la diapo suivante.

Diapositive 6 sur 7

Chaque langue découpe le monde

  • Français : mouton, l'animal et la viande
  • Anglais : sheep, l'animal ; mutton, la viande
  • Arabe : un singulier, un duel et un pluriel
Voix off

Saussure donnait cet exemple : le français mouton désigne à la fois l'animal et la viande, alors que l'anglais distingue sheep, l'animal vivant, et mutton, la viande servie à table. Les deux langues ne découpent pas la réalité au même endroit. Ce découpage touche aussi la grammaire : l'arabe distingue le singulier, kitāb, un livre, le duel, kitābān, deux livres, et le pluriel, kutub, trois livres ou plus. Attention à ne pas aller trop loin : une langue n'empêche pas de penser ce qu'elle ne nomme pas, et tout peut se dire dans toute langue, parfois avec plus de mots. Traduire, c'est passer d'un découpage à un autre.

Diapositive 7 sur 7

À retenir

  • Signe = signifiant + signifié
  • Le référent reste hors du signe
  • Chaque langue découpe la réalité à sa façon
Voix off

Retiens la structure du signe. Le signifiant est la forme sonore, l'image mentale des sons, et non l'orthographe. Le signifié est le concept général. Le référent, la chose réelle, reste en dehors du signe, ce qui permet de parler de l'absent ou de l'imaginaire. Et chaque langue découpe la réalité en signifiés à sa manière, dans son vocabulaire comme dans sa grammaire. Exercice pour ton carnet : trouve un mot de ta langue qui n'a pas d'équivalent exact en français, et explique en deux phrases ce qu'il couvre. Prochaine leçon : l'arbitraire du signe.

À retenir

  • Le signe linguistique unit un signifiant, l'image mentale des sons, et un signifié, le concept.
  • Le signe ne relie pas un mot à une chose, mais une forme à une idée.
  • Chaque langue découpe à sa façon la réalité en signifiés.

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