Comprendre pourquoi un concept doit être défini puis traduit en signes observables, et connaître la démarche en quatre étapes qui le permet.
La leçon, diapositive par diapositive
Diapositive 1 sur 7
Objectif de la leçon
Voir pourquoi un concept ne se demande pas tel quel
Écrire une définition de travail
Connaître la démarche en quatre étapes
Voix off
Dans le module 1, tu as écrit une question et des hypothèses. Elles contiennent sûrement des mots comme confiance, précarité, usage, satisfaction. Ce sont des concepts. Le problème, c'est qu'un concept ne se voit pas et ne se compte pas directement. Ce module t'apprend à le transformer, pas à pas, en éléments que tu peux observer et noter dans un questionnaire. Cette première leçon explique pourquoi c'est nécessaire, comment écrire la définition de départ, et quelle démarche les sociologues suivent depuis longtemps pour passer d'une idée à une mesure.
Diapositive 2 sur 7
Une question impossible
« Quel est votre niveau de précarité ? »
« Faites-vous confiance à la police ? »
Trop abstrait ou trop global
Chacun y met son propre sens
Voix off
Imagine que tu demandes directement à quelqu'un s'il fait confiance à la police. À Tunis, Samir pense à l'agent qui règle la circulation devant son lycée. À Liège, Inès pense à la plainte qu'elle a déposée l'an dernier et qui n'a rien donné. Les deux répondent à la même question, mais ils ne parlent pas de la même chose. Leurs réponses ne se comparent pas vraiment. Et avec la précarité, c'est pire : la plupart des gens ne savent pas quoi répondre, ou répondent selon l'image que le mot leur renvoie. Il faut donc décomposer.
Diapositive 3 sur 7
Concept, définition, mesure
Le concept : une idée abstraite
La définition : ce que tu mets dedans
La mesure : ce que tu observes vraiment
Voix off
Garde en tête ces trois niveaux. Le concept, c'est l'idée générale, celle qu'on trouve dans les livres : la confiance, la précarité, l'intégration. La définition, c'est ce que toi, dans ton enquête, tu mets dans ce mot. Elle est forcément un choix, parce que les auteurs ne sont pas tous d'accord. La mesure, enfin, c'est ce que tu vas réellement observer : des réponses précises à des questions précises. Tout le travail de ce module consiste à relier proprement ces trois niveaux, pour que tes chiffres finaux disent bien ce que ton concept prétend dire.
Diapositive 4 sur 7
La démarche en quatre étapes
Se faire une image du concept
Le découper en dimensions
Choisir des indicateurs observables
Les combiner en indices
Voix off
Le sociologue Paul Lazarsfeld a décrit une démarche en quatre étapes, reprise dans un ouvrage qu'il a dirigé avec Raymond Boudon en 1965. D'abord, on se fait une image du concept, à partir de lectures et d'observations. Ensuite, on le découpe en dimensions, c'est-à-dire en facettes plus précises. Puis on choisit, pour chaque dimension, des indicateurs : des signes qu'on peut observer. Enfin, on combine ces indicateurs en indices, des mesures synthétiques. Cette démarche n'est pas une recette automatique, mais elle t'oblige à justifier chaque passage. Les trois leçons suivantes reprennent ces étapes une par une.
Diapositive 5 sur 7
Écrire la définition
Partir de tes lectures
Dire ce qui est dedans et ce qui est dehors
Une ou deux phrases, pas plus
Voix off
Écris ta définition de travail en une ou deux phrases. Par exemple : dans cette enquête, la confiance dans la police désigne l'attente qu'a un habitant de voir la police agir avec efficacité, honnêteté et équité envers lui et envers les autres. Avec cette phrase, tu as déjà dit ce qui est dedans : l'efficacité, l'honnêteté, l'équité. Et ce qui est dehors : la confiance dans les tribunaux, par exemple, n'en fait pas partie. Appuie ta définition sur au moins une lecture, que tu cites. Si un lecteur de ton rapport n'est pas d'accord, il saura au moins ce que tu as mesuré.
Diapositive 6 sur 7
Le même mot, des sens différents
Précarité : revenu, emploi, logement, liens ?
Les définitions varient selon les auteurs et les pays
Choisis, explique ton choix, reste-y fidèle
Voix off
Un même mot peut recouvrir des réalités différentes selon les auteurs et selon les pays. Pour certains, la précarité, c'est surtout l'instabilité de l'emploi. Pour d'autres, c'est l'accumulation de fragilités : revenu irrégulier, logement incertain, peu de personnes vers qui se tourner. À Montréal comme à Abidjan, ces deux visions donnent des questionnaires très différents. Il n'y a pas de bonne réponse universelle. Ce qui compte, c'est que tu choisisses, que tu expliques pourquoi, et que tu gardes la même définition jusqu'au bout. Changer de définition en cours de route rend les résultats illisibles.
Diapositive 7 sur 7
À retenir
Un concept ne se demande pas tel quel
Une définition écrite, appuyée sur une lecture
Image, dimensions, indicateurs, indices
Voix off
Retiens qu'un concept ne se pose pas tel quel aux personnes interrogées : chacune y mettrait son propre sens. Tu commences donc par une définition écrite, courte, appuyée sur au moins une lecture, qui dit ce qui est dedans et ce qui est dehors. Puis tu suis la démarche en quatre étapes : l'image du concept, ses dimensions, ses indicateurs et, si besoin, des indices. Pour ton propre sujet, écris maintenant la définition de ton concept central. Une ou deux phrases suffisent, à condition qu'elles disent clairement ce que tu laisses de côté.
À retenir
Un concept comme la confiance ou la précarité est une idée abstraite : posé tel quel, il reçoit des réponses qui ne se comparent pas.
On commence par une définition écrite du concept, appuyée sur des lectures, qui dit ce qui est dedans et ce qui est dehors.
La démarche décrite par le sociologue Paul Lazarsfeld va de l'image du concept à ses dimensions, puis à des indicateurs, puis à des indices.
Fais les exercices, le quiz et obtiens ton certificat dans ton espace
Avec ton compte, les deux premiers modules sont offerts : leçons, labs, simulations, quiz et tuteur. Débloque la suite du parcours pour 100 000 GNF. Le certificat vérifiable, délivré à la fin, coûte 399 000 GNF.
Indépendance. KoboToolbox, LimeSurvey et Google Forms sont cités comme outils de collecte ; le parcours est indépendant de leurs éditeurs et n'est affilié à aucun d'eux, pas plus qu'aux associations et organismes dont il cite les définitions et les recommandations.