Passer d'un thème à une question de recherche claire, faisable et ouverte, appuyée sur ce qui existe déjà.
La leçon, diapositive par diapositive
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Objectif de la leçon
Passer d'un thème à une question
Reconnaître une bonne question de recherche
Lire ce qui existe avant d'écrire
Voix off
Awa, étudiante à Abidjan, a fait remplir deux cents questionnaires sur les transports. Au moment d'analyser, elle ne sait plus quoi chercher, parce que personne n'avait écrit au départ ce que l'enquête devait apprendre. Beaucoup d'enquêtes ratées le sont dès ce premier jour. Ici, tu apprends à transformer un thème général en une question de recherche précise, à la juger avec quatre critères simples, et à éviter les pièges les plus courants. Tu verras aussi pourquoi il faut lire les enquêtes déjà faites sur ton sujet avant d'écrire la moindre question.
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Du thème à la question
Thème : le paiement mobile chez les jeunes
Question : qui l'utilise, pour quoi faire, et qui ne l'utilise pas ?
Préciser qui, quoi, où et quand
Voix off
Le paiement mobile chez les jeunes, c'est un thème. Il indique un domaine, mais il ne dit pas ce que tu veux savoir. Pour en faire une question, précise quatre choses. Qui : les 18 à 30 ans. Où : à Dakar, à Douala et à Montréal, où trois associations partenaires ont chacune leur équipe. Quand : au cours des trois derniers mois. Quoi : quels usages, et ce qui distingue ceux qui ne l'utilisent pas. Ta question devient alors : parmi les 18 à 30 ans de ces trois villes, qui a utilisé le paiement mobile ces trois derniers mois, pour quels usages, et qu'est-ce qui caractérise ceux qui ne l'ont pas fait ?
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Les qualités d'une bonne question
Claire : un seul sens possible
Faisable : avec ton temps et ton budget
Ouverte : plusieurs réponses sont possibles
Utile : quelqu'un a besoin de la réponse
Voix off
Teste ta question avec ces quatre critères. Est-elle claire ? Si deux collègues la comprennent différemment, réécris-la. Est-elle faisable ? Interroger mille personnes dans trois pays avec un budget d'étudiant, ce n'est pas réaliste ; réduis le terrain plutôt que de bâcler. Est-elle ouverte ? Si tu connais déjà la réponse, ou si tu veux seulement prouver ce que tu penses, ce n'est pas une question de recherche. Est-elle utile ? Une mairie, une ONG, des chercheurs ou les jeunes eux-mêmes doivent pouvoir se servir du résultat. Pour ton propre projet, une seule ville, voire un seul quartier, suffit largement.
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Les questions qui ne marchent pas
La question morale : est-ce bien ou mal ?
La question trop large : comment vivent les jeunes ?
La question déjà tranchée par des données publiques
La question sans terrain accessible
Voix off
Certaines questions ne se prêtent pas à une enquête. La question morale, comme « le paiement mobile est-il une bonne chose ? », relève du débat : aucune donnée ne peut la trancher seule. La question trop large, comme « comment vivent les jeunes à Bruxelles ? », demanderait un questionnaire de trois heures. La question déjà tranchée te fait perdre du temps : si un recensement récent donne la réponse, utilise-le. Enfin, la question sans terrain accessible, par exemple sur des personnes que tu ne pourras jamais joindre, condamne l'enquête avant le départ.
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Question de recherche et questions posées
La question de recherche guide toute l'enquête
Les questions du questionnaire en découlent
On ne la pose jamais telle quelle
Voix off
Ne confonds pas la question de recherche et les questions du questionnaire. La première est pour toi : elle guide tes choix. Les secondes sont pour les personnes interrogées : courtes, concrètes, sur leur propre expérience. Prends une enquête sur la confiance dans la police à Liège. Ta question de recherche peut être : qu'est-ce qui explique les écarts de confiance entre quartiers ? Tu ne demanderas jamais à un habitant ce qui explique sa confiance. Tu lui demanderas s'il a eu affaire à la police cette année, comment il a été traité, et ce qu'il pense de son honnêteté.
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Lire avant d'écrire
Les enquêtes déjà faites sur ton sujet
Les statistiques publiques disponibles
Les articles scientifiques
Les questions déjà testées par d'autres
Voix off
Avant d'écrire, lis. Cherche les enquêtes déjà menées sur ton sujet, les statistiques publiques de ton pays et les articles scientifiques. Tu y gagnes trois choses. D'abord, tu évites de refaire ce qui existe. Ensuite, tu repères les explications déjà proposées, qui deviendront tes hypothèses. Enfin, tu trouves des questions déjà testées. Reprendre une question d'une grande enquête nationale, en citant sa source, te permet de comparer tes résultats aux siens. Note chaque lecture avec son adresse : tu en auras besoin dans le lab et dans ton rapport.
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À retenir
Un thème devient une question avec qui, quoi, où, quand
Claire, faisable, ouverte, utile
La question de recherche n'est pas une question posée
Lire d'abord, écrire ensuite
Voix off
Pour retenir l'essentiel : un thème devient une question de recherche quand tu précises qui, quoi, où et quand. Une bonne question est claire, faisable, ouverte et utile. Elle guide ton enquête, mais elle n'est jamais posée telle quelle aux personnes. Et avant d'écrire, tu lis ce qui existe. Prends ton sujet de la leçon précédente et écris ta question de recherche en une phrase. Garde-la sous les yeux : chaque décision de ton enquête s'y rapportera.
À retenir
Un thème n'est pas une question : il faut préciser qui, quoi, où et quand.
Une bonne question de recherche est claire, faisable avec tes moyens, ouverte à plusieurs réponses et utile à quelqu'un.
La question de recherche guide l'enquête ; on ne la pose jamais telle quelle aux personnes interrogées.
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