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Avertissement

Les règles de droit citées (OHADA, France, Québec) servent à comprendre le fonctionnement des organisations ; avant une décision réelle, vérifie le texte en vigueur dans ton pays ou demande conseil à un juriste ou à un expert-comptable. Les organisations et les chiffres des exemples sont fictifs, sauf quand une source officielle est citée.

Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.039 min

Le partage de la valeur ajoutée

Parcours 173 : Économie d'entreprise : comprendre comment une entreprise fonctionne · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Montrer comment la valeur ajoutée d'une entreprise se répartit entre salariés, État, prêteurs, associés et l'entreprise elle-même, et repérer les tensions de ce partage.

La leçon, diapositive par diapositive

Diapositive 1 sur 8

Objectif de la leçon

  • Suivre la valeur ajoutée de Benali jusqu'à ceux qui la reçoivent
  • Identifier les cinq grands bénéficiaires
  • Comprendre les tensions du partage
Voix off

Une fois la valeur ajoutée créée, elle ne reste pas dans un coffre. Elle sert à payer ceux qui ont permis de la produire. Ici, on prend les chiffres d'une année chez Transports Benali, à Casablanca, et on suit chaque dirham. Tu vas voir qu'il y a cinq grands bénéficiaires : les salariés, l'État, les prêteurs, les associés, et l'entreprise elle-même, qui doit penser à demain. Tu verras aussi que ce partage n'est jamais neutre. Augmenter la part de l'un, à valeur ajoutée égale, revient toujours à diminuer celle d'un autre. C'est une source permanente de discussions, parfois de conflits.

Diapositive 2 sur 8

La valeur ajoutée de Benali

  • Chiffre d'affaires de l'année : 48 millions de dirhams
  • Gazole : 17 ; entretien, pneus, péages : 6 ; assurances : 2
  • Sous-traitance : 3 ; loyer et frais divers : 2
  • Valeur ajoutée : 48 moins 30 = 18 millions de dirhams
Voix off

Voici l'année de Transports Benali, en millions de dirhams, avec des chiffres arrondis. L'entreprise a facturé quarante-huit millions de transports. Elle a acheté dix-sept millions de gazole, six millions d'entretien, de pneus et de péages, deux millions d'assurances, trois millions de trajets confiés à d'autres transporteurs, et deux millions de loyer et de frais divers. Ses consommations intermédiaires font trente millions. Sa valeur ajoutée est donc de dix-huit millions de dirhams. Tu remarques que le gazole pèse lourd : à lui seul, il représente plus du tiers du chiffre d'affaires. On s'en souviendra au module 6, quand on parlera des prix du carburant.

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Qui reçoit quoi ?

  • Salariés : 11 millions (salaires et cotisations)
  • État : 1,5 million (impôts et taxes, impôt sur les bénéfices)
  • Prêteurs : 1 million (intérêts)
  • Entreprise : 3,7 millions (usure des camions et réserves)
  • Associés : 0,8 million (dividendes)
Voix off

Suivons maintenant ces dix-huit millions. Onze millions vont aux salariés, sous forme de salaires et de cotisations sociales. Un million va à l'État en impôts et taxes liés à l'activité, et un demi-million en impôt sur les bénéfices. Un million va aux banques, sous forme d'intérêts sur les emprunts des camions. Trois millions correspondent à l'usure des camions, que l'entreprise met de côté pour les remplacer, et sept cent mille dirhams sont gardés en réserve pour investir. Enfin, huit cent mille dirhams sont versés aux associés de la famille Benali en dividendes. Fais l'addition : tu retombes bien sur dix-huit millions.

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Les salariés, première part

  • Environ 61 % de la valeur ajoutée de Benali
  • Salaires nets, plus cotisations pour la retraite et la santé
  • Une part forte dans les métiers qui emploient beaucoup de main-d'œuvre
Voix off

Chez Benali, les salariés reçoivent environ soixante et un pour cent de la valeur ajoutée. C'est la plus grosse part, et c'est fréquent dans les activités qui emploient beaucoup de monde : transport, restauration, nettoyage, confection. La part des salariés ne se limite pas au salaire que le chauffeur reçoit à la fin du mois. Elle comprend aussi les cotisations sociales, qui financent sa retraite, sa couverture santé ou ses indemnités en cas d'accident, selon les règles du pays. Dans une entreprise très automatisée, comme une cimenterie, la part des salariés est plus faible, parce que les machines, qui coûtent cher, absorbent une plus grande part.

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L'État et les prêteurs

  • L'État : impôts et taxes qui financent routes, écoles, sécurité
  • Les prêteurs : les intérêts, prix de l'argent emprunté
  • Benali a acheté une partie de ses camions à crédit
Voix off

L'État reçoit une part à travers les impôts et les taxes. Pour Benali, ce n'est pas une perte sèche : l'entreprise roule sur des routes, utilise le port et emploie des chauffeurs formés à l'école. Les prêteurs reçoivent eux aussi une part, sous forme d'intérêts. Benali a acheté une partie de ses camions avec des emprunts bancaires. L'intérêt, c'est le prix payé pour avoir utilisé l'argent de la banque. Plus l'entreprise est endettée, plus cette part augmente, et plus il reste peu pour les autres. C'est pour cela qu'un dirigeant prudent compare toujours le coût d'un emprunt avec ce que l'investissement rapportera.

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Ce que l'entreprise garde pour demain

  • L'amortissement : l'usure des camions, mise de côté chaque année
  • Les réserves : le bénéfice gardé pour investir
  • Sans cette part, la flotte vieillit et l'entreprise s'éteint
Voix off

Une part revient à l'entreprise elle-même. D'abord l'amortissement : un camion qui roule perd de la valeur chaque année. Si Benali ne mettait rien de côté pour cette usure, il ne pourrait pas remplacer ses camions dans huit ou dix ans. Ensuite les réserves : la partie du bénéfice que les associés décident de ne pas se verser, pour financer un nouvel entrepôt ou de nouveaux camions. Une entreprise qui distribue tout ce qu'elle gagne vit bien quelques années, puis elle se retrouve avec une flotte usée, des pannes, et des clients qui partent. Garder une part, c'est préparer l'avenir.

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Les associés, servis en dernier

  • Les dividendes viennent après tous les autres
  • Ils rémunèrent l'argent apporté et le risque pris
  • Une mauvaise année : rien pour les associés
Voix off

Les associés passent en dernier. Ils ne reçoivent un dividende que s'il reste un bénéfice après avoir payé les salariés, l'État, les banques et l'usure du matériel, et seulement si l'assemblée des associés décide de le distribuer. C'est la contrepartie de leur position : ils ont apporté l'argent de départ et ils prennent le risque de tout perdre si l'entreprise échoue. Une bonne année, ils peuvent recevoir beaucoup. Une mauvaise année, rien. Chez Benali, les huit cent mille dirhams de dividendes représentent environ quatre pour cent de la valeur ajoutée. Beaucoup de gens imaginent que les propriétaires prennent la plus grosse part. Dans une entreprise qui emploie beaucoup de monde, comme Benali, c'est souvent faux, même en ajoutant les réserves, qui leur appartiennent aussi.

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À retenir

  • Cinq bénéficiaires : salariés, État, prêteurs, entreprise, associés
  • À valeur ajoutée égale, plus pour l'un veut dire moins pour l'autre
  • Faire grandir la valeur ajoutée desserre les tensions
  • Garder une part pour l'avenir est vital
Voix off

La valeur ajoutée est un gâteau que tout le monde a aidé à faire, et que tout le monde veut partager. Les salariés, l'État, les prêteurs, l'entreprise et les associés ont chacun de bonnes raisons de demander plus. À valeur ajoutée égale, augmenter une part réduit forcément une autre : c'est l'origine de nombreuses négociations sur les salaires, les impôts ou les dividendes. La seule façon d'augmenter toutes les parts en même temps, c'est de faire grandir la valeur ajoutée. Dans la dernière leçon du module, on applique tout ça à des organisations sans usine : une société de logiciels et une institution de microfinance.

À retenir

  • La valeur ajoutée rémunère tous ceux qui ont contribué à la produire.
  • Les salariés reçoivent souvent la plus grande part, sous forme de salaires et de cotisations sociales.
  • L'entreprise garde une part pour remplacer son matériel usé et pour investir.
  • Les associés sont servis en dernier, avec ce qui reste.

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