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Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.047 min

Le multiplicateur dans une économie ouverte

Parcours 136 : Macroéconomie : production, emploi, prix et monnaie · Fondamentaux

Objectif de la leçon

Calculer un multiplicateur avec impôts et importations et discuter ses limites à partir d'estimations publiées.

La leçon, diapositive par diapositive

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Objectif de la leçon

  • Ajouter les impôts et les importations
  • Recalculer le multiplicateur
  • Les limites d'une relance
Voix off

Dans la leçon précédente, un franc dépensé par l'État devenait cinq francs de production. Dans la réalité, les études trouvent des chiffres bien plus modestes. La raison principale, c'est que chaque vague de dépense perd de l'argent en route : une partie part en impôts, une autre en achats à l'étranger. Dans cette leçon, tu vas ajouter ces deux fuites au calcul. Puis tu verras d'autres limites, comme la hausse des taux d'intérêt ou le contenu importé d'un chantier, comment l'État finance son déficit, et ce que disent les estimations publiées sur la taille des multiplicateurs.

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Les impôts réduisent chaque vague

  • Impôt proportionnel : T = t × Y
  • Revenu disponible : (1 - t) × Y
  • Chaque vague dépense c × (1 - t) de la précédente
Voix off

Commence par les impôts. Quand un ouvrier touche un salaire supplémentaire, une partie part en impôts et en cotisations avant qu'il puisse la dépenser. Si le taux moyen est t, il ne lui reste que 1 moins t de chaque franc. Sur ce qui reste, il consomme la part c. Chaque vague de dépense vaut donc c fois 1 moins t de la vague précédente. Avec c égal à 0,8 et t égal à 0,25, cela fait 0,6 au lieu de 0,8. L'effet s'éteint plus vite, et le multiplicateur diminue.

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Les importations aussi

  • Importations : M = m × Y
  • Une partie de la demande part à l'étranger
  • Elle ne crée ni salaire ni profit dans le pays
Voix off

Ajoute maintenant les importations. Quand le revenu augmente, les ménages achètent aussi des produits importés : riz, téléphones, vêtements, carburant. Et les entreprises importent des machines et des pièces. Si la propension marginale à importer est m, une part m de chaque franc de revenu supplémentaire part vers des producteurs étrangers. Ces achats ne créent ni salaire ni profit dans le pays. Dans une petite économie qui importe une grande partie de ce qu'elle consomme, cette fuite peut être très importante, et elle réduit fortement l'effet d'une relance.

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La nouvelle formule

  • k = 1 / (1 - c(1 - t) + m)
  • c = 0,8 ; t = 0,25 ; m = 0,2
  • k = 1 / (1 - 0,6 + 0,2) = 1 / 0,6 ≈ 1,7
Voix off

Avec ces deux fuites, la formule devient : 1 divisé par, entre parenthèses, 1 moins c fois 1 moins t, plus m. Prends c égal à 0,8, t égal à 0,25 et m égal à 0,2. Le produit c fois 1 moins t vaut 0,6. Le dénominateur vaut 1 moins 0,6 plus 0,2, soit 0,6. Le multiplicateur est donc d'environ 1,7. Tu passes de 5 à 1,7 avec des hypothèses raisonnables. Une dépense publique de 10 milliards ne crée plus 50 milliards de production, mais environ 17. C'est encore positif, mais bien moins spectaculaire.

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Où va la dépense ?

  • Chantier A : engins et matériel importés
  • Chantier B : ouvriers, sous-traitants et matériaux locaux
  • Même montant, effets très différents
Voix off

Le contenu de la dépense compte autant que son montant. Compare deux projets de 10 milliards de francs guinéens. Le premier achète surtout des engins et du matériel importés, posés par une équipe étrangère : une grande partie de l'argent quitte le pays dès la première vague. Le second emploie des ouvriers et des petites entreprises du pays, avec des matériaux produits sur place : les salaires et les achats restent dans le circuit. Pour juger une relance, demande-toi donc toujours quelle part de la dépense va rester dans l'économie nationale.

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L'effet d'éviction

  • L'État emprunte : les taux peuvent monter
  • Des projets privés sont abandonnés
  • La dépense publique remplace une partie de l'investissement privé
Voix off

Autre limite : l'effet d'éviction. Pour financer sa dépense, l'État emprunte. S'il emprunte beaucoup auprès des banques du pays, il peut faire monter les taux d'intérêt, ou simplement absorber des crédits qui seraient allés aux entreprises. Certains projets privés sont alors abandonnés. La dépense publique remplace en partie l'investissement privé au lieu de s'y ajouter. L'ampleur de cet effet dépend de la situation : il est faible quand les banques ont beaucoup de liquidités et peu de demandes de crédit, fort quand l'argent est rare. Tu le mesureras avec le modèle IS-LM.

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Financer le déficit

  • Emprunter auprès des banques, sur le marché régional ou à l'étranger
  • Les intérêts d'aujourd'hui pèsent sur les budgets de demain
  • Les unions monétaires fixent des règles communes : vérifie-les à la source
Voix off

Quand l'État dépense plus qu'il ne prélève, il doit financer l'écart : c'est le déficit. Il emprunte auprès des banques du pays, sur le marché régional des titres publics ou à l'étranger, auprès d'autres États, de bailleurs ou d'investisseurs. Chaque emprunt d'aujourd'hui crée des intérêts à payer demain. Si la dette grossit plus vite que la production, une part croissante du budget part dans ces intérêts, au détriment des écoles ou des routes : c'est la question de la soutenabilité. Dans la CEMAC, par exemple, la Commission suit chaque année quatre critères de convergence, dont le solde budgétaire et le taux d'endettement. Pour les règles de ton pays, vérifie toujours le texte officiel.

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Ce que disent les estimations

  • FMI, 2008, une quarantaine de pays : effet moyen proche de zéro
  • FMI, 2012 : multiplicateurs des prévisions trop faibles, plutôt 0,9 à 1,7
  • Il n'existe pas un multiplicateur unique
Voix off

Que valent les multiplicateurs en pratique ? Il n'y a pas de chiffre unique. Selon la synthèse du site La finance pour tous, une étude du FMI de 2008, portant sur une quarantaine de pays avancés et émergents, trouvait un effet moyen proche de zéro, à peine plus fort dans les pays avancés : 0,1 la première année, 0,5 après trois ans. En 2012, le FMI a estimé que les multiplicateurs utilisés dans ses prévisions pendant la crise étaient trop faibles, et qu'ils pouvaient plutôt se situer entre 0,9 et 1,7. En théorie, le multiplicateur est plus fort quand le chômage est élevé et que la banque centrale ne relève pas ses taux. Il dépend donc du pays, du moment et du type de dépense.

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À retenir

  • k = 1 / (1 - c(1 - t) + m)
  • Contenu local, éviction, délais : ils comptent autant que la formule
  • Méfie-toi des promesses chiffrées sans source
Voix off

Récapitulons. Les impôts et les importations réduisent chaque vague de dépense : le multiplicateur devient 1 divisé par 1 moins c fois 1 moins t, plus m. Dans une petite économie qui importe beaucoup, il peut être proche de 1. Le contenu local de la dépense, l'effet d'éviction et les délais d'exécution comptent autant que la formule. Méfie-toi donc des promesses du type « chaque franc dépensé en rapportera trois ». Dans le lab, tu vas calculer toi-même l'effet d'un programme de pistes rurales selon plusieurs hypothèses. Avant cela, demande-toi : dans ton pays, quelle part d'un grand chantier public reste dans l'économie nationale ?

À retenir

  • Avec un taux d'imposition t et une propension marginale à importer m, le multiplicateur devient 1 / (1 - c(1 - t) + m).
  • Dans une petite économie qui importe beaucoup, une relance profite en partie aux producteurs étrangers.
  • L'effet d'éviction, le contenu importé et les retards d'exécution réduisent l'effet d'une dépense publique.

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