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Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.016 min

Comprendre les désordres de l'information

Parcours 02 : Journalisme avancé · Avancé

Objectif de la leçon

Nommer les différents types de fausses informations et comprendre pourquoi elles circulent si vite.

La leçon, diapositive par diapositive

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Objectif de la leçon

  • Nommer les types de fausses informations
  • Comprendre pourquoi elles circulent
  • Repérer les moments où le risque monte
Voix off

On parle souvent de « fake news », mais le terme est trop vague. Il mélange l'erreur de bonne foi, le mensonge organisé et la fuite d'une information vraie destinée à nuire. Il est aussi utilisé par certains responsables pour discréditer des articles qui les dérangent. Les chercheurs utilisent des catégories plus précises. Ces catégories t'aident à choisir comment réagir et comment écrire ta vérification. Dans cette leçon, tu vas les apprendre, comprendre pourquoi les fausses informations circulent si vite, et repérer les moments où ta rédaction doit redoubler de prudence.

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Trois catégories

  • Mésinformation : faux, partagé sans intention de nuire
  • Désinformation : faux, créé ou partagé pour nuire
  • Malinformation : vrai, mais diffusé pour nuire
Voix off

Ce cadre vient d'un rapport de Claire Wardle et Hossein Derakhshan pour le Conseil de l'Europe, publié en 2017 sous le titre « Information Disorder ». Il croise deux questions : le contenu est-il faux, et la personne qui le diffuse veut-elle nuire ? Ta tante qui transfère une fausse alerte sanitaire en croyant protéger sa famille fait de la mésinformation. Un compte qui fabrique un faux communiqué pour semer la panique fait de la désinformation. Celui qui publie le vrai dossier médical d'un opposant pour l'humilier fait de la malinformation : le contenu est vrai, mais il est diffusé pour nuire.

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Les formes courantes

  • Vieille photo présentée comme récente
  • Vrai document sorti de son contexte
  • Faux communiqué avec un vrai logo
  • Audio WhatsApp anonyme, impossible à dater
  • Image ou vidéo fabriquée par IA
Voix off

Beaucoup de fausses informations ne sont pas inventées de toutes pièces. Ce sont de vrais contenus détournés : une photo d'inondation prise dans un autre pays, un communiqué de l'année dernière remis en circulation, une vidéo d'une manifestation ancienne. Les faux communiqués reprennent souvent le vrai logo d'un ministère ou d'une entreprise. Les audios anonymes sont très difficiles à dater et à attribuer. Les images et vidéos fabriquées par intelligence artificielle progressent vite, mais le détournement de contenus réels reste très fréquent. Ta première question est donc toujours : d'où vient ce contenu, et de quand date-t-il ?

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Pourquoi ça circule

  • L'émotion : peur, colère, fierté
  • La confiance dans l'expéditeur, pas dans le contenu
  • Le format audio, difficile à vérifier
  • La mention « Transféré plusieurs fois » que personne ne regarde
Voix off

On partage un message parce qu'il vient d'un proche ou parce qu'il nous fait peur ou nous met en colère, pas parce qu'il est vérifié. Les messages qui provoquent une émotion forte circulent plus vite que les autres. Dans les groupes familiaux ou de quartier, la confiance dans l'expéditeur remplace la vérification. L'audio est un format très partagé et difficile à contrôler. WhatsApp affiche une mention quand un message a été transféré plusieurs fois. Ce n'est pas une preuve que le contenu est faux, mais c'est un signal : le message ne vient pas directement de la personne qui te l'envoie.

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Les moments à risque

  • Périodes électorales
  • Épidémies et crises sanitaires
  • Violences, accidents, catastrophes
  • Annonces de prix, de salaires, de recrutements
Voix off

Pendant l'épidémie d'Ebola de 2014 à 2016, puis pendant la Covid-19, de fausses rumeurs sur la maladie, les vaccins et les traitements ont circulé en Afrique de l'Ouest. En période électorale, de faux résultats et des vidéos détournées circulent souvent avant les chiffres officiels. Après un accident ou des violences, les bilans inventés se multiplient. Les fausses annonces de recrutement ou de hausse des salaires servent aussi à escroquer des gens. Ces jours-là, ta rédaction doit renforcer la vérification, désigner qui valide chaque information, et refuser de publier un chiffre sans source.

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Les signaux d'alerte

  • Pas de source, pas de date, pas de lieu précis
  • Un appel à agir vite : « partage avant qu'on supprime »
  • Un logo, une signature ou un style qui ne collent pas
  • Une seule personne semble connaître l'information
Voix off

Certains signaux doivent t'alerter avant même de lancer une vérification. Un message sans source, sans date ni lieu précis. Un appel à partager vite, avant que « ils » suppriment l'information. Un communiqué dont le logo est flou, dont la signature ne correspond pas au responsable en poste, ou dont le style ne ressemble pas aux autres textes de l'institution. Une information grave que personne d'autre ne confirme, alors qu'elle devrait avoir des témoins. Aucun de ces signaux ne prouve qu'un contenu est faux. Mais chacun te dit qu'il faut vérifier avant de relayer.

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Ta position de journaliste

  • Rien n'est relayé sans vérification
  • Même si un confrère l'a déjà publié
  • Ne pas publier une rumeur fait aussi partie du travail
Voix off

La pression est forte : tout le monde a déjà partagé, et tu as l'impression d'être en retard. Mais une rédaction qui se trompe une fois sur une rumeur grave le paie longtemps. Le fait qu'un confrère l'ait publiée ne change rien : il a peut-être été trompé lui aussi. Ta valeur, pour le public, c'est d'être la source qu'on peut croire. Mieux vaut publier une information vraie en deuxième qu'une information fausse en premier. Et parfois, la bonne décision est de ne rien publier du tout, tant que tu ne sais pas.

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À retenir

  • Mésinformation, désinformation, malinformation
  • Le détournement de vrais contenus est très fréquent
  • L'émotion fait circuler, pas la preuve
  • Vérifier avant de relayer, sans exception
Voix off

Il existe trois catégories : la mésinformation, fausse mais sans intention de nuire, la désinformation, fausse et destinée à nuire, et la malinformation, vraie mais diffusée pour nuire. Le détournement de contenus réels reste très fréquent. Ce qui fait circuler un message, c'est l'émotion et la confiance dans l'expéditeur, pas la preuve. Et tu vérifies avant de relayer, sans exception. Garde ces catégories en tête : elles reviendront quand tu rédigeras tes vérifications. Dans les deux prochaines leçons, on passe aux outils, d'abord pour les images, ensuite pour les vidéos.

À retenir

  • Wardle et Derakhshan (Conseil de l'Europe, 2017) distinguent mésinformation, désinformation et malinformation.
  • Beaucoup de fausses informations sont de vrais contenus sortis de leur contexte.
  • Les moments à risque : élections, crises sanitaires, violences, catastrophes.
  • Tu vérifies avant de relayer, même quand un confrère a déjà publié.

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