Comprendre le pluralisme juridique à partir de quatre exemples nationaux et du repère international de 2012.
La leçon, diapositive par diapositive
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Objectif de la leçon
Comprendre le pluralisme juridique
Connaître quatre exemples nationaux
Situer le repère international de 2012
Voix off
Dans la plupart des pays où tu interviendras, deux systèmes de règles foncières cohabitent : celui de l'État, écrit dans des lois, et celui des communautés, transmis par la pratique. Ils ne s'ignorent pas, mais ils ne se recouvrent pas non plus. Dans cette leçon, tu vas voir comment quatre pays ont organisé cette cohabitation : le Sénégal, la Guinée, le Maroc et la RDC. Le but est de comprendre la logique commune, pour savoir quelles questions poser dans le pays où tu travailles, et où chercher les textes qui s'y appliquent.
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Deux systèmes qui se superposent
La loi de l'État, écrite et générale
La coutume, orale et locale
Chacun s'appuie sur l'un ou l'autre selon son intérêt
Voix off
D'un côté, il y a la loi de l'État : un code foncier, des titres, un cadastre, des tribunaux. De l'autre, il y a la coutume : des règles orales, différentes d'un village à l'autre, appliquées par des chefs de terre, des aînés ou des conseils de village. Les deux systèmes coexistent, et les gens naviguent entre eux. Un héritier mécontent de la décision des anciens peut aller au tribunal. Un acheteur venu de la ville peut obtenir un papier de la mairie, alors que le village considère que la terre n'est pas à vendre. On parle de pluralisme juridique : plusieurs sources de droit pour une même terre.
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Au Sénégal, le domaine national
Une loi de 1964 crée le domaine national
Des terres affectées pour un droit d'usage, qui ne se vendent pas en droit
Aujourd'hui, le conseil municipal délibère sur l'affectation
Voix off
Au Sénégal, une loi de 1964 a créé le domaine national, qui couvre une grande partie des terres rurales. En droit, ces terres ne se vendent pas : une instance locale les affecte à ceux qui les mettent en valeur, qui reçoivent un droit d'usage, et peut aussi les désaffecter. À partir de 1972, des conseils ruraux ont géré ces terres. Aujourd'hui, cette compétence revient au conseil municipal de la commune. En 2020, la Cour suprême a annulé une attestation de propriété délivrée par un maire de la Petite-Côte sans délibération du conseil. Dans les villages, les règles coutumières continuent de peser sur qui obtient quoi.
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En Guinée, le code de 1992 et la politique de 2001
Un code foncier et domanial adopté en 1992
Une politique foncière en milieu rural adoptée en 2001
Des pratiques locales à reconnaître quand elles sont équitables
Une réforme foncière en préparation en 2026
Voix off
En Guinée, le code foncier et domanial date de 1992. Il repose sur la propriété privée de la terre et l'immatriculation. En 2001, la politique foncière en milieu rural constate pourtant que les droits des exploitants et des propriétaires traditionnels restent précaires. Elle veut sécuriser les droits ruraux et permettre un marché foncier transparent et équitable, en consolidant les pratiques locales quand elles ne sont pas contraires à l'équité. Une étude menée en 2021 par la Confédération nationale des organisations paysannes de Guinée et publiée en 2023 constate que ces dispositions restent peu appliquées. En mai 2026, le gouvernement a lancé la validation d'avant-projets de politique foncière nationale et agricole : vérifie toujours les textes adoptés depuis.
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Au Maroc, les terres collectives
Des terres de collectivités ethniques, dites soulaliyates
Près de 15 millions d'hectares, selon la presse marocaine
Trois lois de réforme adoptées en 2019
Voix off
Au Maroc, une grande partie des terres rurales appartient à des collectivités ethniques, dites soulaliyates, placées sous la tutelle de l'État. Selon la presse marocaine, elles couvrent près de 15 millions d'hectares. En 2019, le Parlement a adopté trois lois qui réforment ce régime et reformulent des textes de 1919 et de 1924. L'une d'elles organise la tutelle et la gestion des biens, limite le recours aux usages et coutumes et affirme l'égalité entre les femmes et les hommes membres de ces collectivités. Selon la presse, elle permet aussi de céder certaines terres à des projets d'investissement, et des terres agricoles à des membres, ce qui pose de nouvelles questions de partage.
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En RDC, les forêts des communautés
Un code forestier adopté en 2002
Un décret du 2 août 2014 sur les concessions des communautés locales
Des forêts attribuées à titre perpétuel et gratuit
Un arrêté de 2016 sur la gestion de ces concessions
Voix off
En RDC, le code forestier de 2002 a ouvert la possibilité, pour une communauté locale, d'obtenir comme concession une forêt qu'elle possède selon la coutume. Le décret du 2 août 2014 a fixé les modalités de cette attribution, à titre perpétuel et gratuit. Un arrêté ministériel du 9 février 2016 a ensuite précisé la gestion de ces concessions, qui doit suivre un plan simple de gestion. Les organisations qui accompagnaient les premières demandes signalaient des lourdeurs administratives. Et la reconnaissance écrite ne règle pas tout : il faut encore s'entendre au sein de la communauté.
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Le repère international
Les Directives volontaires adoptées le 11 mai 2012
Reconnaître les droits légitimes, écrits ou non
Associer femmes, hommes et jeunes aux décisions
Voix off
Au niveau mondial, un texte sert de repère : les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers, adoptées le 11 mai 2012 par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale. Elles ne sont pas obligatoires, mais beaucoup de pays et de projets s'y réfèrent. Elles demandent aux États de reconnaître et de protéger les détenteurs de droits légitimes, que ces droits soient enregistrés ou non. Elles demandent aussi que les femmes aient un accès équitable à la terre dans les systèmes coutumiers, et que tous les membres de la communauté, hommes, femmes et jeunes, contribuent aux décisions foncières.
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À retenir
Loi et coutume cohabitent presque partout
Chaque pays organise ce lien à sa façon
Cherche toujours le texte en vigueur dans ton pays
Voix off
Retiens que la loi de l'État et la coutume cohabitent dans presque toutes les campagnes, et que les gens s'appuient sur l'une ou sur l'autre selon leur intérêt. Chaque pays organise ce lien à sa façon : domaine national au Sénégal, politique foncière rurale en Guinée, terres collectives au Maroc, forêts des communautés en RDC. Les lois changent : avant d'intervenir, cherche toujours le texte en vigueur dans ton pays et la manière dont il s'applique vraiment. Dans la prochaine leçon, tu vas voir comment naissent les conflits fonciers, et pourquoi ils se multiplient quand la terre prend de la valeur.
À retenir
La loi de l'État et la coutume cohabitent, et les gens jouent de l'une ou de l'autre selon leur intérêt.
Chaque pays organise ce lien à sa façon : il faut toujours chercher le texte en vigueur et son application réelle.
Les Directives volontaires de 2012 demandent de reconnaître les droits légitimes, enregistrés ou non.
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