Ce parcours apprend à lire et à cartographier le relief. Il ne qualifie pas pour une étude géotechnique, une étude d'aléa ou de risque (crues, glissements, chutes de blocs, érosion côtière) ni pour le dimensionnement d'un ouvrage : ces décisions reviennent aux services publics compétents et aux professionnels habilités. Les mises en situation sont des exercices de raisonnement, pas des avis applicables tels quels à un site réel.
Leçon offerteModule 02 · Leçon 02.028 min
Couches horizontales : plateaux, buttes et vallées encaissées
Reconnaître les reliefs tabulaires et expliquer comment un plateau se découpe en vallées encaissées puis en buttes témoins.
La leçon, diapositive par diapositive
Diapositive 1 sur 7
Objectif de la leçon
Reconnaître un relief tabulaire
Comprendre le découpage d'un plateau
Lire les plateaux étagés du Fouta-Djalon
Expliquer les chutes d'eau
Voix off
Quand les couches de roches sont restées à peu près horizontales, le relief prend des formes de tables et de marches d'escalier. C'est ce qu'on appelle un relief tabulaire. Dans cette leçon, tu vas voir comment se forme un plateau, comment les rivières le découpent, et comment il finit par se réduire à quelques buttes isolées. On s'appuiera sur deux exemples proches l'un de l'autre, le Fouta-Djalon en Guinée et le plateau dogon au Mali. Tu comprendras aussi pourquoi le Fouta-Djalon est si riche en chutes d'eau, et ce qu'elles t'apprennent sur les roches qu'elles franchissent.
Diapositive 2 sur 7
Le plateau et sa corniche
Une couche dure au sommet protège le plateau
Le dessus reste presque plat
Le rebord forme une corniche
Le plateau rétrécit par ses bords
Voix off
Un plateau, c'est une surface assez plane, en hauteur, limitée par des versants raides. Sur des couches horizontales, il existe parce qu'une couche résistante, un grès, un calcaire en climat sec ou une coulée de basalte, se trouve au sommet et protège les couches plus tendres qui sont dessous. Tant que cette couche dure est intacte, le dessus du plateau reste à peu près plat. Ses bords, en revanche, sont attaqués : la couche dure y forme une corniche, et les couches tendres un talus. Le plateau ne s'abaisse donc presque pas par le dessus ; il rétrécit surtout par les bords, à mesure que la corniche recule.
Diapositive 3 sur 7
Les rivières découpent le plateau
Les cours d'eau percent la couche dure
Vallées étroites, versants raides : gorges et canyons
Les fissures guident le tracé des vallées
Un coude brusque fait penser à une fracture
Voix off
Les rivières qui coulent sur un plateau finissent par percer sa couche dure. Une fois le grès traversé, elles creusent plus vite les couches tendres en dessous, et la vallée prend une forme encaissée : un fond étroit, des parois raides, parfois des gorges ou des canyons. Le tracé de ces vallées n'est pas dû au hasard. L'eau suit les points faibles de la roche, en particulier les fissures et les failles. C'est pourquoi, sur une carte, certaines rivières changent brusquement de direction en dessinant presque des angles droits : elles passent d'une fracture à une autre. Garde ce réflexe : un coude brutal dans une vallée invite à chercher une fracture.
Diapositive 4 sur 7
Les buttes témoins
Les corniches de deux vallées finissent par se rejoindre
Butte témoin : un fragment isolé de plateau
Sa couche dure prouve que le plateau allait jusque-là
Plusieurs buttes de même altitude dessinent l'ancienne surface
Voix off
À force de reculer, les corniches de deux vallées voisines finissent par se rejoindre. Le plateau se découpe alors en morceaux. Un fragment isolé, encore coiffé de sa couche dure, s'appelle une butte témoin : il témoigne que le plateau s'étendait autrefois jusque-là. Plus tard, la butte rétrécit, devient un piton, puis disparaît. Au pied de nombreux escarpements gréseux d'Afrique de l'Ouest, on rencontre des buttes de ce type. Quand tu vois sur une carte plusieurs buttes de même altitude, avec la même corniche, tu peux reconstituer l'ancienne surface du plateau en reliant leurs sommets. C'est un raisonnement que tu pourras utiliser dans le lab.
Diapositive 5 sur 7
Le Fouta-Djalon, des plateaux étagés
Environ 80 000 km² de plateaux de grès étagés
Une montée par paliers depuis la côte
Des hauts plateaux au-delà de 1 200 m
Des rivières à coudes brusques
Voix off
Prends maintenant le Fouta-Djalon, au centre-ouest de la Guinée, sur environ 80 000 kilomètres carrés. Si tu montes de Conakry vers Mamou puis Dalaba, tu gagnes de l'altitude par étapes : des rebords raides séparent des replats de plus en plus hauts. Ce sont des couches dures comme celles de la diapositive précédente, restées presque horizontales et coupées par les vallées. Les hauts plateaux dépassent 1 200 mètres, et le mont Loura, au nord, dépasse 1 500 mètres ; les sources donnent de 1 515 à 1 538 mètres. Dans les vallées encaissées, les rivières changent souvent de direction d'un coup, en général parce qu'elles suivent des fractures du grès. C'est là que naissent la Gambie et le Bafing, la branche mère du fleuve Sénégal, d'où le surnom de château d'eau de l'Afrique de l'Ouest.
Diapositive 6 sur 7
Les chutes, marches de l'escalier
Une chute marque souvent le passage d'une couche dure
L'eau sape la roche tendre sous la marche
La chute recule vers l'amont et laisse une gorge
Exemples : Kambadaga près de Pita, Ditinn près de Dalaba
Voix off
Le Fouta-Djalon est célèbre pour ses chutes, comme celles de Kambadaga près de Pita ou de Ditinn près de Dalaba. Une chute se forme souvent là où une rivière passe d'une couche dure à une couche plus tendre. L'eau qui tombe creuse une fosse au pied de la marche et sape la roche tendre en dessous. La couche dure, privée d'appui, finit par se casser en blocs. La chute recule ainsi vers l'amont, en laissant derrière elle une gorge. Sur un profil de rivière, une chute apparaît comme une rupture de pente. Si plusieurs chutes se trouvent à la même altitude sur des rivières voisines, elles franchissent probablement la même couche.
Diapositive 7 sur 7
À retenir
Couche dure au sommet : plateau à corniche
Les vallées suivent les fissures
Le plateau se réduit en buttes témoins
Les chutes signalent les couches dures et reculent
Voix off
Prends une carte ou une image d'un plateau que tu connais, et cherche une corniche, une vallée encaissée et une butte témoin. C'est toute la logique du relief tabulaire : une couche dure au sommet protège le plateau, dont les bords reculent en corniche. Les rivières percent cette couche en suivant les fissures, creusent des vallées encaissées, puis découpent le plateau en buttes témoins. Les chutes d'eau marquent le passage des couches dures et remontent peu à peu vers l'amont. Le Fouta-Djalon et le plateau dogon montrent bien ces étapes. Ensuite, on incline et on plie les couches : cuestas, crêtes et reliefs plissés, du Jura au Haut Atlas marocain.
À retenir
Sur des couches horizontales, une couche dure au sommet donne un plateau bordé d'une corniche.
Les rivières percent la couche dure en suivant les fissures et creusent des vallées encaissées.
Le plateau se découpe peu à peu en buttes témoins, qui gardent sa couche dure.
Le Fouta-Djalon est un ensemble de plateaux de grès étagés, riche en chutes qui marquent les couches dures.
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